Philippe Hardy Prioton, écrivain public : les mots dans la peau

(Article  de presse publié dans "La Nouvelle République", le jeudi 31 Décembre 2020)

C’est un homme de plume… qui l’arbore au chapeau.


Philippe Hardy Prioton se remarque déjà avant de se démarquer par son goût pour les belles-lettres et la grammaire correcte.


L’homme au chapeau noir et à la longue barbichette cultive son look, pardon, sa mise, autant qu’il soigne ses écritures.


Habitant Neuville de Poitou depuis deux ans maintenant, il reste un homme de lettres, transformant un goût en activité. Après des années au téléphone dans un centre d’appels de Chasseneuil, il est revenu à ses premières amours, le voilà écrivain public.


« J’ai lancé mon activité en février 2020, juste avant le confinement », confie le quadragénaire qui attribue à son père instituteur cette passion littéraire.


Souffleur de mots d’amour

« Après douze ans passés dans un centre d’appels, près de Poitiers, j’ai quitté ce travail, j’ai réfléchi à ma vie et j’ai passé un bilan de positionnement. On m’a proposé deux nouvelles voies professionnelles, une artistique et l’autre, c’était écrivain public. Ça a fait tilt, je me suis renseigné et je me suis lancé comme auto entrepreneur. Indépendant, ça me plaît ! »


Dans le salon de sa maison, un coin bureau fait office d’atelier d’écriture. Un grand cahier, un gros microphone et un ordinateur suffisent à arroser les réseaux sociaux pour susciter la curiosité, l’envie, et déclencher la rencontre.


« C’est parti très vite », se félicite le quadragénaire polygraphe qui multiplie les déclinaisons de son projet avec une barrière cependant.


Pas de juridique

 

« Je ne fais pas ce qui a trait au juridique, à l’administratif ou au social. Je ne me sens pas à l’aise. J’ai eu un client qui voulait que je lui monte un dossier pour obtenir sa régularisation. Il ne comprenait que je ne veuille pas faire ça. »


Sa première écriture aura servi à mettre des mots sur des maux. Un exercice de résilience et de transmission d’une mère touchée par ce qui reste souvent indicible. Ses enfants ont été victimes du comportement déplacé du nouveau compagnon de l’assistante maternelle qui veillait sur eux.
« Elle m’a dit : “ Je veux transmettre pour que les gens ne se sentent pas seuls ”. »


Son deuxième récit de vie l’aura transporté toujours dans l’intime avec une histoire romanesque : écrire la biographie d’un homme installé, un chirurgien marseillais qui raconte comment une femme l’a envoûté à distance après leur rupture.


« Les gens me racontent au téléphone ou en visio, je prends des notes et je rédige, ou bien ils arrivent avec quelque chose qui est déjà écrit et que je reformule », explique l’écrivain public.


Enregistrements et retranscriptions

À côté de ces récits qui lui font découvrir les accidents et les moments merveilleux d’une vie, il accumule d’autres travaux : correction de sites internet, édition de prospectus, retranscription de cours magistraux enregistrés, rédaction de CV ou de lettres de motivation.


Cyrano

 

Et puis, il y a forcément l’amoureux transi qui croit à la magie de la lettre d’amoureux. Il veut que son Cyrano lui souffle les mots propres à enflammer sa Roxanne.
« Il m’a dit qu’il voulait une lettre d’amour pour qu’elle tombe amoureuse de lui ! »


Philippe Hardy Prioton : 06.23.25.74.66

 www.lecrit-vainc.fr

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Emmanuel COUPAYE

Pile de journaux