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  • Philippe Prioton

LA LANGUE DES OISEAUX : " Car Paix Dit Aime "....

En tant que biographe, rédacteur, correcteur, et écrivain public, j'ai toujours eu l'amour des mots. Sinon à quoi bon faire ce métier ?


Alors quand, adolescent, j'ai découvert ce magnifique langage, que l'on appelle la Langue Alchimique, ou La Langue des Oiseaux, je me suis mis à lire beaucoup sur ce sujet, et à mon tour je me suis mis à écrire, parfois en utilisant cette manière au combien poétique d'appréhender la langue. Depuis longtemps j'avais envie de faire un article sur ce sujet, le voici donc, où j'ai regroupé quelques articles glanés au cours de mes recherches, ainsi que quelques vidéos parlant de ce sujet, notamment celles avec Patrick Burensteinas qui est scientifique de formation et s'est intéressé très jeune à l'alchimie. Il est auteur, conférencier et formateur international.


(Il est reconnu autant pour son enthousiasme, sa convivialité et son esprit de synthèse que pour sa faculté à vulgariser les principes et notions de l'alchimie. Il a participé à la série de sept films "Le Voyage alchimique de Bruxelles à Saint-Jacques-de-Compostelle" réalisée par Georges Combe. Dans la même collection aux éditions Trajectoire, il est l'auteur d'un ouvrage consacré à la cathédrale de Chartres.)...


Bon voyage aux pays des mots...



La "Langue des oiseaux" est une langue très volatile, c’est-à-dire très subtile. Elle est utilisée par les alchimistes depuis toujours pour transmettre la philosophie du grand œuvre et ses secrets de fabrication.


D’autres pensaient qu’à l’origine cette langue s’appelait la « langue des oisons » et qu’elle avait été créée par une confrérie secrète liée aux bâtisseurs de cathédrales afin de crypter des connaissances.


C’est en nous amusant ( ÂME-USANT ) que je m’en vais vous en transmettre les arcanes. C’est ensemble que nous allons nous user l’âme, cette âme qui nous agite et que nous devons vider pour laisser passer la lumière.


« Un mot est hanté par tous les mots qui lui ressemblent » nous dit le poète Michel Butor. En jouant sur l’homophonie, c’est-à-dire les mêmes sonorités, on peut faire dire aux mots bien plus qu’ils ne signifient. Leur sens caché peut amplifier leur sens premier, ou au contraire, s’y opposer.


La langue des oiseaux consiste à donner un sens autre à des mots ou à une phrase, soit par un jeu de sonorités, soit par des jeux de mots (verlan, anagrammes, fragments de mots…), soit enfin par le recours à la symbolique des lettres. Autrement dit, la langue des oiseaux est une langue tenant de la cryptographie, qui se fonde sur trois niveaux :


La correspondance sonore des mots énoncés avec d’autres non dits permet un rapprochement sémantique qui constitue un codage volontaire, soit pour masquer une information, soit pour amplifier le sens du mot premier.

Les jeux de mots utilisés permettent un codage davantage subtil et ésotérique, les mots se reflètent ad libitum.

La graphie enfin, fondée sur la symbolique mystique des lettres des mots énoncés, peut renvoyer à un codage iconique renforçant le sens des mots, comme dans les hiéroglyphes.


Les plus anciens documents dont nous disposons aujourd'hui théorisant la langue des oiseaux sont signés Grasset d'Orcet et Fulcanelli, et remontent à la seconde moitié du XIXè siècle.


Ils attribuent néanmoins à la langue des oiseaux des origines immémoriales : elle aurait longtemps été une langue d’initiés, un système de codage occulte lié à l’alchimie et à la poésie hermétique (de Hermès, dieu patron des phénomènes cachés). Elle acquiert une dimension psychologique au xxe siècle, avec les travaux de Carl Gustav Jung ou de Jacques Lacan, qui y voient un codage inconscient permettant d’amplifier le sens des mots et des idées.





Le Dictionnaire des langues imaginaires recense plusieurs entrées en lien avec la langue des oiseaux : langage des animaux, langue des corbeaux, langage de l'extase (mystique), langage ludique, langage du rossignol, langue secrète…

Il faut ainsi différencier les « langues secrètes » des langues farfelues, des langues inventées (la langue des grenouilles, d'Aristophane), des jargons et dialectes et des imitations (« langue des animaux » dont Mircea Eliade dit qu'elle consiste à « imiter leurs cris, surtout les cris d'oiseaux »). Finalement, c'est l'existence d'un code caché qui permet de départager ces registres et de repérer l'originalité de la langue des oiseaux.

L'expression de « langue des oiseaux » consiste à entendre un son plutôt qu'à le lire.

Si nous ne connaissons pas son origine de manière certaine, nous savons que c’est un système qui a été utilisé par les mystiques comme les soufis, les alchimistes et d’autres pour crypter des textes et les rendre hermétiques au commun des mortels.


Cette langue a également été utilisée par des auteurs pour masquer la dimension ésotérique de certaines œuvres ou, plus pragmatiquement, par les commerçants pour créer leurs enseignes ou les noms de leur commerce. Par exemple l'hôtel se nommant : "Au lion d'or"... AU LIT ON DORT.​


Phrase codée : « Vois si un mets sage se crée, dit sans les mots »

Phrase décodée : « Voici un message secret, dis : "sens les mots" ! »


Le message codé comporte un ensemble d'éléments à interpréter : « vois si », « un mets sage », « se crée », « dit sans les mots ».La phrase en langue des oiseaux joue sur l'homophonie des mots la composant. Quant à l'interprétation, elle dépend du contexte et des récepteurs.


Dans cette langue le « double sens » prime, permis entre autres par l'homophonie.


L’expression « langue des oiseaux » (on emploie également l’expression synonyme de « langue des anges ») a une origine plurielle :


Une première interprétation possible est qu’elle renvoie au fait que les oiseaux sifflent des mélodies, des musiques pour l’oreille humaine, mais dont on ne réalise pas le sens caché. C’est l’idée d’une langue sacrée, cachée, que l’homme n’« entend pas » (dans le sens de comprendre). Grasset d'Orcet reprend ce point de vue.


Ce dernier étudie les traces des systèmes cryptographiques de la Grèce archaïque. Fort de cette expérience il publie des articles sur la Langue des Oiseaux parus dans la Revue Britannique. Ami de Fulcanelli, ayant eu une puissante influence sur l'abbé Henri Boudet , Grasset d'Orcet va se consacrer à l’étude des « Matériaux cryptographiques » c’est-à-dire aux règles de décodage des textes en langue des oiseaux. Il se focalise surtout sur l’héraldique, autre science aux origines occultes usant du double langage.


Fulcanelli, dont la véritable identité demeure inconnue, dans Les Demeures philosophales, montre que les maîtres ont fixé dans la pierre des cathédrales leur savoir ancestral, fut l'un des premiers à révéler clairement le sens de la langue des oiseaux :


« Les vieux maîtres, dans la rédaction de leurs traités, utilisèrent surtout la cabale hermétique, qu’ils appelaient encore langue des oiseaux. De cette manière, ils purent dérober au vulgaire les principes de leur science, en les enveloppant d’une couverture cabalistique. […] Mais ce qui est généralement ignoré, c’est que l’idiome auquel les auteurs empruntèrent leurs termes est le grec archaïque, langue mère d’après la pluralité des disciples d’Hermès. La raison pour laquelle on ne s’aperçoit pas de l’intervention cabalistique tient précisément dans ce fait que le français provient directement du grec. »


« La langue des oiseaux est un idiome phonétique basé uniquement sur l’assonance. On n’y tient donc aucun compte de l’orthographe, dont la rigueur même sert de frein aux esprits curieux. »





Il continue, insistant sur le double sens de cette langue :


« Les anciens écrivains l’appelaient langua general (« langue universelle »), et lengua cortesana (« langue de cour »), c’est-à-dire langue diplomatique, parce qu’elle recèle une double signification correspondant à une double science, l’une apparente, l’autre profonde. » Puis il en fait la langue originelle de l’humanité, celle d’avant Babel.


« Les rares auteurs qui ont parlé de la langue des oiseaux lui attribuent la première place à l’origine des langues. Son antiquité remonterait à Adam, qui l’aurait utilisée pour imposer, selon l’ordre de Dieu, les noms convenables, propres à définir les caractéristiques des êtres et des choses créées. »


Pour Fulcanelli, chaque nom alchimique contient, dans la langue des oiseaux, une correspondance symbolique que la phonétique exprime. Dans Le Mystère des cathédrales, l’art gothique est un langage lui-même interprétable par la langue des oiseaux. Cette hypothèse, propre à Fulcanelli, jamais évoquée au Moyen Âge nous permet d’étudier le fonctionnement symbolique à l’œuvre dans la langue des oiseaux. Tout d’abord, phonétiquement l’expression « art gothique », par raccourci : « art goth » est proche de celle d’ « argotique » ; il y a homophonie parfaite.


« Pour nous, art gothique n’est qu’une déformation orthographique du mot argotique, dont l’homophonie parfaite, conformément à la loi phonétique qui régit, dans toutes les langues et sans tenir aucun compte de l’orthographe, la cabale traditionnelle.

L’art gothique renvoie à un langage codé donc. L’amplification symbolique peut ensuite être proposée au moyen d’une seconde mise en correspondance phonétique.

« Les argotiers, ceux qui utilisent ce langage, sont descendants des argonautes, lesquels montaient le navire Argo pour conquérir la fameuse Toison d’Or. Tous les Initiés s’exprimaient en argot, aussi bien les truands de la Cour des Miracles, - le poète Villon à leur tête,- que les francs-maçons du Moyen Âge, « logeurs du bon Dieu », qui édifièrent les chefs-d'œuvre argotiques que nous admirons aujourd’hui. »


Il existerait donc une correspondance entre l’art gothique, le langage codé dit argotique et le mythe des Argonautes, largement évoqué par les auteurs alchimistes.

Cette relation pourrait être synthétisée en une phrase reprenant tous les termes : l’art gothique est un langage codé utilisé par un groupe d’initiés à cette langue et recherchant la Toison d'or (sous-entendu, par métaphore : la pierre philosophale). La destination spirituelle de cet art est renforcée par la racine grecque de l’adjectif « gothique » : « L’art gothique est, en effet, l’art got ou cot (Co en grec), l’art de la Lumière ou de l’Esprit. »


René Guénon, dans Symboles de la Science sacrée, pense que la langue des oiseaux regroupe les formules et incantations ésotériques fondamentales. Il considère qu’elle est la métaphore de la communication de l’humain avec les « êtres supérieurs » que sont les anges : « les oiseaux sont pris fréquemment comme symbole des anges, c’est-à-dire précisément des états supérieurs ». Il montre que c’est dans la tradition islamique qu’apparaît la langue des oiseaux, avec la figure de Salomon :


« Et Salomon fut l’héritier de David ; et il dit : Ô hommes ! nous avons été instruits du langage des oiseaux [‘ullimna mantiqat-tayri] et comblés de toutes choses. »


Les anges sont souvent représentés comme des oiseaux.


Le terme aç-çāffāt est considéré comme désignant littéralement les oiseaux, mais comme s’appliquant symboliquement aux anges par proximité phonétique. La langue des oiseaux serait donc une expression pour désigner la langue des anges.


Pour Guénon, cette langue est avant tout fondée sur le rythme universel, sur le vers et la poésie.


Étienne Perrot, continuateur de Jung, fait de la langue des oiseaux et des jeux de sonorités une capacité du rêve d'exprimer de manière parallèle une réalité psychique.


« Cette synchronicité, ces écoutes extérieures et intérieures, ces doubles lectures, nous les apprenons donc d'abord dans les rêves. Les rêves nous apprennent à décrypter la réalité. Les rêves, c'est bien connu, prennent très souvent des matériaux de la vie diurne, mais c'est pour nous apprendre à les lire autrement. Cette lecture renferme un élément très important, qui est le décryptage des mots suivant des lois qui ne sont pas des lois causales, mais des lois phonétiques, suivant le mode de formation des calembours. C'est ce qu'on appelle la « langue des oiseaux », et c'est cela, d'une façon précise, ce que les alchimistes appelaient la « gaie science. »


Il justifie le double sens phonétique des textes alchimiques par cette citation de l'auteur ésotérique Michel Maïer, qui explique :


« À propos de tout ce que tu entends, raisonne pour savoir s'il peut en être ainsi ou non. Nul en effet n'est incité à croire ou à accomplir des choses impossibles, car les mots existent à cause des choses et non les choses à cause des mots. »


Perrot reconnaît au rêve une certaine motivation, indépendante de la conscience, un certain humour qui transparaît par la langue des oiseaux. En déstructurant le mot, par les sonorités qu'il contient, l'inconscient donne à entendre un autre sens. Perrot voit dans le mot onirique une capacité à se « dilater » par une mise en correspondance de symboles.

Il y voit également une correspondance constante avec la musique de l'alchimie dans laquelle « toute cuisson s'accompagne d'une musique : un four gronde, un feu crépite, l'eau sur le feu chante et, si l'on y plonge un métal porté au rouge, il siffle. »



« (..) la Langue des Oiseaux ne peut s’apprendre avec les sens, la mémorisation. Elle ne se laisse pas dévoiler non plus avec la logique limitée du connu actuel. »

Yves Monin dans son livre Hiéroglyphes Français et Langue des Oiseaux pointe là un autre niveau d'interprétation de la langue des oiseaux correspondant à la symbolique graphique et non plus phonétique. Monin remarque à ce propos que le mot «O.I.S.E.A.U» a la particularité de faire appel à presque toutes les voyelles sans qu'aucune ne s'entende.


Luc Bige, dans son Petit dictionnaire en langue des oiseaux. Prénoms, Pathologies Et Quelques Autres, dresse une liste de ces expressions courantes tenant du double sens.

Il montre également qu'à chaque mot les possibilités augmentent, et qu'à partir d'une phrase simple on peut, selon diverses méthodes, obtenir à chaque fois des phrases d'autres sens.


Il prend notamment l'exemple du syntagme simple : « Ma chandelle », qui peut donner :


Ma chan d'elle > elle m'a chanté > mon chant qui vient d'elle.

Ma champ d'elle > mon champ qui vient d'elle

Mâ(che) champ d'elle > mâche (laboure, etc.) son champ

Mâ(che) chant d'ailes > le chant de ceux qui ont des ailes


Selon les personnes qui préconisent dans certains cas (comme l'hypnose ericksonienne) le recours à ce langage, la langue des oiseaux permettrait d'améliorer son intuition, son ressenti, pour trouver de l'inspiration pour de l'art ou pour émettre des hypothèses dans un but de recherche.


Les mécanismes linguistiques mis en œuvre dans la langue des oiseaux sont nombreux . On peut citer :


- La connotation et les champs sémantiques : le mot renvoie à tout un tissu de synonymes proches ou éloignés, ou, au-delà, vers des concepts ou mots par analogie proches.

- La permutation des lettres : anagrammes, palindromes surtout, verlan également.

- L'homophonie (le mot a le même son qu'un autre).

- L’étymologie dans une certaine mesure, pour le cas des néologismes ou des mots à racines étrangères.

- La correspondance, au niveau graphique : la lettre cherche à ressembler à la chose évoquée .

L’harmonie imitative via le jeu des sonorités : par assonance et allitération le mot cherche à imiter le son réel (comme dans : « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » avec le son /s/ évoquant le serpent, de Jean Racine, ( Andromaque, acte V, sc.5).


L'ouvrage de Bige, Petit dictionnaire en langue des oiseaux. Prénoms, Pathologies Et Quelques Autres, dévoile les méthodes créatives pour constituer des jeux de mots symboliques, méthodes qui tiennent de la grammaire et de la syntaxe combinatoires.

Il propose d'abord de commencer par écrire le mot ou de constituer une périphrase, puis, syllabe par syllabe, d'écrire toutes les possibilités et « dans tous les sens » afin de dévoiler l'ensemble des connotations. Bige donne également comme possibilité d'utiliser le « verlan » (écrire les syllabes dans l'ordre inverse) ou l'anacyclique (lecture dans les deux sens du mot, avec deux significations différentes).


Enfin, la langue des oiseaux étant avant tout phonétique, Bige conseille de lire à voix haute les mots construits afin de favoriser les échos phoniques et les significations cachées.


Il y a trois manières d’entendre la langue des oiseaux, ce qui nous donnera certaines clefs de compréhension.


La première est le jeu de mots : par exemple, en voyant quelqu’un qui porte des lunettes nous "entendons" LU NET, c’est bien ce à quoi sert l’objet. À travers ces jeux de mots, nous allons trouver une démarche et commencer à comprendre les propos souvent obscurs que tient un alchimiste.


En alchimie, nous ne parlons pas de marche, mais de démarche, c’est sans doute ce qui nous pousse à nous arrêter : en effet, la quête de l’alchimiste n’est pas celle du mouvement mais celle de l’immobilité.


Cette démarche va se faire d’une certaine manière indiquée par les jeux de mots.

Tout ce qui est autour de nous s’appelle la matière. Ce que nous entendons maintenant L'ÄME A TIERS. Si l’âme a tiers, il y a deux tiers d’autre chose.

Notre démarche, notre point d’arrêt va passer par trois passages, trois pas sages.

Un pas à travers l’âme, un pas à travers le corps et un pas à travers l’esprit.

C’est ce que les anciens appelaient corpus, animus, spiritus. Mais ce peut aussi être le minéral, le végétal et l’animal.


Si nous sommes des apprentis sages, en finissant ces trois pas sages, nous pourrons ainsi trépasser. Rien ne ressemble plus à la mort que l’immobilité. Mais la mort, c’est l’âme hors et donc pas forcément quelque chose que nous devons craindre. Pour trouver l’immobilité, trois passages nous permettront de vivre une mort apparente.


Évidemment, nous nous imaginons être incapables de faire le chemin seul. C’est pour cela que nous avons inventé des intercesseurs entre les hommes et les dieux. Les Anges que nous pouvons bien sûr entendre maintenant "En je". Nous savons donc où ils sont. Il semble donc y avoir quelque chose à trouver à l’intérieur de nous.


" II va falloir faire une démarche

Emprunter trois passages

Trouver quelque chose qui est à l’intérieur de soi

Approcher une mort apparente ou plutôt une mort des apparences

Quand nous arrivons dans ce monde, nous apparaissons. Quand nous quittons ce monde, nous disparaissons. Nous ne faisons donc que paraitre.

Le contraire de la vie c’est la mort. Mais quel est le contraire de la naissance ?

Eh bien c’est être. Dès qu’on naît on n’est plus.

Nous pouvons donc conclure que nous ne naissons qu’une fois et qu’après une succession de vie et de mort nous sommes de nouveau.

L’initié est sur le chemin de la Lumière. Ce qui ne veut pas dire qu’il l’a atteinte.

Pour l’atteindre, il faudra qu’il perce les apparences, qu’il n’y ait plus de différence entre l’intérieur et l’extérieur. Qu’il y ait un lien, un pont entre l’intérieur et l’extérieur, une espèce "d’arc en je". C’est le passage de l’ange (en je) en l’archange (l’arc en je). Alors, il n’y aura plus de différence entre l’intérieur et l’extérieur et tout sera Un.

Notre quête est la quête du point commun (comme un).

L‘incompris deviendra l’Un compris. Même si cela n’est qu’un jeu, il nous met quand même sur le chemin."


Ce que nous venons de faire est la première manière d’entendre la langue des oiseaux, le jeu de mots. C’est la manière la plus simple.


La deuxième manière d’utiliser cette Langue est toujours un jeu de mots mais cette fois avec une clef cachée à l’intérieur.


Par exemple, l’alchimiste visite le musée de Cluny et se rend dans la salle où est exposée la tapisserie "La Dame à la licorne". La dame présente dans cette tapisserie est souvent considérée à tort comme étant Diane de Poitiers.


L’alchimiste, à la vue de cette tapisserie, a instantanément une indication du métal et en quelle quantité il doit l’utiliser dans son Œuvre. En effet, il ne lira pas Diane de Poitiers, mais Diane de "poids tiers". Il se trouve que dans le langage symbolique, les dieux et les déesses représentent des planètes et des métaux. Diane, déesse lunaire, représente la lune et la lune, l’argent. L’adepte utilisera donc un tiers de poids d’argent. Pour bien confirmer cela, l’écu qui est sur la tapisserie représente trois croissants de lune.


La troisième manière d’entendre cette langue, et de loin la plus intéressante, est une interprétation lettre par lettre. Chaque lettre a un sens et la manière dont elle s’articule avec sa voisine donne une clef.


Par exemple, un mot important pour nous : le mot MORT. L’interprétation en est la suivante :


La forme de la première lettre (M) évoque une femme qui accouche, c’est la création, la mère. Nous pouvons aussi entendre « AIME ». Il y a ensuite, le (O) pour eau, le (R) pour l’air, et le (T) pour la terre.


Nous pouvons constater qu’il manque un élément. C’est le Feu. Eh bien c’est celui qui l’est. Ne disons-nous pas d’un défunt qu’il est feu et c’est sans doute pourquoi ici il s’éteint. Ce qui nous permet de ne plus avoir peur de la mort puisque le Feu continue son chemin ailleurs.

Ce travail lettre par lettre peut être utilisé à peu près pour tout, aussi bien pour des mots communs que des prénoms, des marques ou des sigles. En comprenant la combinaison de ces lettres, un certain nombre de clefs très intéressantes apparaissent.


Pour comprendre l’intérêt qu’il peut y avoir à analyser et à saisir les sens cachés des mots d’un concept, il est crucial d’être conscient que les mots forment les pensées qui peuvent devenir des croyances qui seront, à leur tour, à l’origine de comportements et réactions de par le monde. Les mots sont donc à l’origine de nos actions dans le monde mais aussi de nos croyances qui peuvent donc se transmettre et se propager avec les comportements et réactions qui leurs sont liés. Les mots ne reflètent et décrivent donc pas seulement la réalité, ils la construisent.

C’est pourquoi, si la signification d’un mot est pervertie ou si nous ne les utilisons pas à bon escient, notre pensée pourra en être biaisée et notre croyance et nos actions aussi.

Cela pourra également engendrer une paralysie de la pensée, un « bug » du cerveau qui bloquera toute possibilité de réflexion et donc d’action et d’évolution.


Lors de la guerre du Golfe, les alliés ont remplacé la notion de bombardement par la notion de « frappe chirurgicale ». Or, les bombardements renvoient à des destructions et des morts brutales tandis que les « frappes chirurgicales » parlent de chirurgie donc de précision, de médecine et de vie… Ils ont donc inventé le concept de frappe qui donne la vie ; de frappe qui guérit… Ainsi, dans l’inconscient de chacun, au lieu d’évoquer la mort et la destruction grossière, ils évoquent la vie, la guérison et la finesse… De cette manière, en ayant vidé les mots de leur substance, en ayant remplacé un mot à consonance négative par un mot à consonance positive, ils ont paralysé le cerveau. Grâce à ce tour de passe-passe sémantique, la violence a donc été rendue invisible. Elle a été supprimée et effacée de la guerre qui était menée. Cela a donc permis de rendre acceptable aux yeux de l’opinion quelque chose qui aurait pu la heurter. De plus, en imposant cette nouvelle terminologie dans les médias, les éventuelles oppositions ont pu être muselées. En effet, privées des mots qui auraient pu décrire l’horreur derrière ces actions, elles ne pouvaient donc plus interroger la pertinence réelle de les perpétrer.


Dans le monde de l’entreprise : les « plans de licenciement » sont maintenant appelés des « plans de sauvegarde de l’emploi »… Là encore, un mot négatif porteur de violence et de souffrance (licenciement) est remplacé par une notion positive (sauvegarde de l’emploi) qui occulte la violence et l’horreur de la situation. Par ce stratagème, les cerveaux sont parasités et il devient impossible ou compliqué de penser l’événement et donc, éventuellement, de s’y opposer. En effet, se dresser contre un « plan de sauvegarde de l’emploi » renvoie dans l’inconscient à ne pas vouloir sauver ces emplois et donc, par extension, à souhaiter les détruire. Aux oreilles de ceux qui écoutent et qui sont moins impliqués ou concernés par l’histoire, l’opposant à ce plan devient donc automatiquement le « méchant. »


Revenir aux mots, à leur origine, permet de prendre conscience de leur sens premier et profond et de nous libérer de certains blocages que leur mauvaise utilisation a engendrés. La langue des oiseaux peut également nous permettre de comprendre certains concepts autrement, afin peut-être, de faire évoluer notre manière de penser, nos croyances et donc nos actions…


De même, si nous souhaitons voir un changement dans le monde ou simplement dans notre vie, il peut être important de repenser et de prendre conscience de ce que véhiculent inconsciemment certains mots pour être parfois capables de remettre en question la signification qu’ils ont acquis au fur et à mesure du temps et ainsi s’en libérer ou les appliquer autrement pour leur redonner tout leur sens.


L’écoute phonétique du mot est la partie la plus connue de la langue des oiseaux.

Elle est fondée sur ce que notre cerveau entend ou perçoit du mot : les jeux de mots, les mots contenus dans un autre mot, mais aussi les anagrammes, etc.


Dans cette partie, peu importe l’orthographe ou le sens de lecture du mot. Seul compte ce que notre cerveau entend ou perçoit.


Le but est de voir si l’on peut :


- Découper un mot en plusieurs autres

- Lire autrement le mot

- Former un ou plusieurs autres mots grâce aux lettres qui le composent


Ceci afin de voir si, en le lisant autrement, nous ne pourrions pas découvrir de nouveaux sens, un nouvel éclairage, une nouvelle signification à ce mot.


ABCES


En écoutant le mot autrement, on peut entendre : abaissé. Dans un abcès, nous pouvons donc chercher, symboliquement, en sous-tonalité, une sensation d’être dévalorisé, rabaissé par quelqu’un ou par soi-même dans une partie de notre vie. La localisation de l’abcès rajoutera la tonalité principale de là où nous nous sentons rabaissé. La force sous-jacente de ce mot nous renverra à la notion d’humilité.


ASTIGMATE


En découpant ce mot, nous obtenons : A/stigmate. Les stigmates sont les blessures infligées au Christ lors de sa crucifixion. Le préfixe grec « A » peut être privatif de ce qu’il précède. Ainsi « astigmate » nous dit : sans blessure. Il peut donc y avoir un désir, plus ou moins conscient, d’enlever des blessures. D’où des mémoires familiales ou personnelles : de personnes ayant vu des choses difficiles, voire horribles ou de personnes ayant souffert à cause de la blessure ou de la maladie d’un proche.

Dans un autre sens, les personnes astigmates peuvent aussi chercher à se montrer sans blessure, sans douleur. Elles peuvent donc cacher leurs souffrances et ne jamais les montrer ou avoir peur que l’autre ne les découvre et, peut-être, ne s’en serve contre elles : « Je ne dois pas montrer que j’ai mal. » Au fond, elles peuvent chercher à se montrer stoïques. Les stigmates peuvent évoquer aussi les blessures de Jésus lors de sa crucifixion. Astigmate peut donc aussi donner A stigmate : sans les blessures du Christ lors de la crucifixion…sans la crucifixion. Il peut donc y avoir la sensation de se sacrifier ou d’être sacrifié avec un désir d’en sortir. Il peut y avoir un désir de faire les choses pour les autres mais sans avoir à en souffrir.


SCIATIQUE


En découpant le mot, nous entendons : Scia/tique. Une scie permet de couper. Une tique est un parasite qui peut transmettre des maladies. Ainsi, la sciatique peut nous parler d’une aspiration à nous couper de quelque chose ou de quelqu’un qui nous parasite. Mais nous pouvons également entendre « tic », c'est-à-dire une manie, une habitude, quelque chose qui se répète. La sciatique peut donc nous parler d’un stress lié à un changement de routine dans notre vie qui nous fait peur ou, au contraire, un désir profond de changer une partie de notre vie que nous trouvons routinière ; de couper avec une vieille habitude ou routine pour aller vers du neuf.


TUMEUR


À l’oral, on entend « tu meurs ». Or, il est malheureusement fréquent qu’une tumeur maligne, c’est-à-dire cancéreuse, entraîne la mort. Ces deux expressions entretiennent-elles un rapport étymologique ? Pas le moins du monde ! Le nom « tumeur » vient du latin tumor qui signifie « enflure, gonflement », la tumeur étant caractérisée par le développement anormal de cellules dans le corps humain. Quant au verbe « mourir », il découle du latin morire.


HECATOMBE


Il est surprenant que ce nom, qui qualifie la mort de nombreuses personnes, contienne un autre nom qui lui est intimement lié : « tombe ». Ici non plus, pas d’origine commune. Littéralement, l’hécatombe (hekatombê en grec) désigne le sacrifice de cent bœufs, de hekaton, « cent » et bous « bœuf ». Aucun lien avec la tombe, du latin tumba, apparenté au tumulus, monticule placé sur la tombe.


CONCUPISCENT


Cet adjectif a la particularité d’être formé par ce qu’on appelle les « syllabes sales » : con-cul-pissant. Hasard ou coïncidence, il qualifie un désir ardent et sensuel. En réalité, le mot est bien plus sage qu’il n’en a l’air puisqu’il dérive du latin chrétien concupiscens ! Dans le même esprit, citons satyre ou satire. Qu’il s’agisse de l’obsédé sexuel ou de l’œuvre critique, dans tous les cas, « ça tire » !


PLATONIQUE


Alors que l’adjectif est censé désigner ce qui est pur, idéal, dégagé de toute sensualité, le voici flanqué du très suggestif « nique ». Comment expliquer une telle contradiction ? À l’origine, « platonique » désigne ce qui relève de la philosophie de Platon. Concurrencé par « platonicien », l’adjectif a fini par disparaître en ce sens, pour réapparaître au sein d’une formule bien connue : « un amour platonique ». Ici, « nique », ou plutôt « -ique » n’est qu’un suffixe parmi d’autres permettant de former couramment des adjectifs. Il se distingue donc de la racine arabe i-nik, qui, par analogie avec le verbe « forniquer », a fini par désigner le fait de posséder sexuellement quelqu’un.


SERMENT


Comment faire sérieusement un serment, c’est-à-dire une promesse sacrée, alors que le nom contient le verbe « ment » ? Ici encore, pas de filiation historique, le « -ment » de « serment » est hérité du latin sacramentum. Il ne nous reste qu’à décortiquer le mot de la manière suivante : « des mensonges, sers m’en ! » pour obtenir le même effet.


TERRIEN :


N’avez-vous jamais remarqué que le nom terrien faisait entendre « t’es rien » ? Certes, en latin, terra n’est pas lié à res, qui a donné « rien ». Mais c’est sûrement ce que les extraterrestres qui nous observent de là-haut pensent tout bas…


Décodage de quelques expressions en langues des oiseaux :


ADN → AeDeN → AEden ... Le jardin d'Eden

Ange → En-je (Géant → Ange. L'étymologie du mot ange viens du grec angelos le messager. Tout comme le dieu Hermès est le messager des dieux.

Apprentissage → Apprenti sage

Argent → art d'être avec le gens, l'art des gens.

Auberge du "Lion d'or" → Au lit on dort.

Il y a aussi "au cochon d'or" au coche on dort. On dort sur la paille à côté des chevaux.

Le Bonheur → la bonne heure

Carpe Diem → Car paix dit aime

Convaincu → Je t'ai con, vaincu. Qui est vraiment le con ?

Crucifix → si c'est CRU ça se FIXE... les croyances créent le monde.

Elémentaire → Elément - Terre

FORT → Feu, Eau, Air, Terre. Avec 4 éléments vous êtes FORT. Si on retire la Terre, donc le réel, il ne reste plus que le FOR intérieur...

Gouvernement → celui qui gouverne ment

Parlement → le parlement va avec le gouvernement... tous des menteurs... la langue de bois est reine...

Guérison → guérit - son → les sons qui guérissent

Guérir → Gai - Rire → rire est le meilleur moyen de guérir

Héros → Air - eau.

Information → In-Formation. Le sans forme.

La magie → L'âme agit - L'Image (influence des images publicitaires)

La matière→ L'âme à tiers... (donc l'âme n'est que le tiers de la personne... corps-âme-esprit)

La mort → L'âme hors

L'amour → L'âme - our...

les mots → les maux ( beaucoup d'expression sont très révélatrices de ce que notre corps aimerait dire... le mal à dit...)

Lunette → Lu net

Magie → image

Māyā → la māyā est mot sanskrit qui décrit l'illusion de ce monde....

En tournant en boucle ce mot, on trouve "I am". Je suis en anglais. Le "Je suis" est l'expression créatrice la plus puissante.

Maléfice → Mâle et fils (la transmission uniquement masculine)

Monde → Démon

Morsure → la Mort sûre.

Mer → la vie sort de la mère... (en mode fractal, la vie est originaire du milieu marin, mais aussi chaque être vivant est originaire de sa mère..)

Naissance → Nés sens.

Naître → N-être...

Nuit = N+huit = N+8

l’Oréal → L’ O (eau) Real → ancien mot pour ROI. → eau de lumière.

Passage → le Pas Sage

Précieux → Prés des cieux

Perversion → Père Version, la version du Père.. (Le patriarcat)

Sacré → ça crée. Comme la géométrie sacrée est de la géométrique qui crée... et la magie sacrée = l'âme agit, ça crée.

Sanskrit → Le Sens Crie → l'étymologie des mots européens remonte souvent à de l'indo-européen, très proche du sanskrit. On retrouve ainsi le sens originel des mots.

S'émerveiller → mère veiller (capacité à accueillir)

Semer des graines → s'aimer.

Se préparer → pré - parer. Parer à quoi ? donc c'est déjà se mettre dans la peur du futur.

soigner → soi-nier

Soleil → isolé → Hélios (le soleil est une Hélice.. c'est la forme de l'analemme qui est tracé dans le ciel par le soleil quand on le regarde tous les jours à la même heure. ) => seul-œil - isolé.. c'est le soleil qu'on voit dans l'œil qui voit tout !

Templier → temps plié (Ne serait-ce pas là le secret de Templiers ?)

Tripes → anagramme d'esprit. Le corps humain est fait de 3 parties, tête, coeur et tripes.

Tumeur → Tu meurs. C'est connu qu'une tumeur peut conduire à la mort.

"Do you understand" ? → Souvent traduit par "Est-ce que vous comprenez", c'est une phrase utilisée dans les tribunaux. Mais si on lit littéralement "under stand" = "se mettre en dessous" = "se soumettre" . Donc dans un tribunal on ne vous demande pas si vous comprenez la loi, mais si vous vous y soumettez !

Wake up... → Way vers la cup.. (expression du matin après avoir dit le soir: Good Night... God Knight ... le chevalier de Dieu va sur le chemin du Graal..)

Dans le film Matrix, il y a l'injonction: Wake up Neo... c'est le début de l'aventure, la quête du Graal... Suit le Lapin Blanc... Neo c'est aussi l'anagramme de One, l'unique... l'élu ! Matrix est clairement un film initiatique.


Dans le jeu de Tarot :


Le Bateleur → Le bas te leurre

L'Ermite → l'air mythe

La Maison Dieu → l'âme est son dieu. (une Lame est d'ailleurs le nom d'une carte de Tarot)

La Papesse → Lame air du Tarot → La mère du Tarot

La Tempérance → Temps, errance.


Voici le décodage de l'alphabet que fait l'alchimiste Patrick Burensteinas...


A la règle. Donc l’esprit

B le passage

C le corps

D qui vient De

E le monde → E 3 éléments → matériel, spirituel, divin qui sont reliés par l'unité.

F le feu

G aller chercher à l’intérieur, la curiosité

H la balance entre le haut et le bas

I l’unité, Dieu

J l’unité fixée, le regard vers le passé

K l’unité cassée

L le mouvement dirigé

M la création. La mère. Aimer

N La Haine

O le corps et l’esprit. (l’état liquide)

P la transmission. Le père

Q séparation du corps et de l’esprit

R le souffle. L’élément air. (l’état gazeux)

S le mouvement dans tous les sens

T les racines. L’élément terre. (donc l’état solide de la matière)

U une outre. L’action de se remplir.

V,W rassemble en un point. La concentration

X l’aXe de toutes choses, la galaXie

Y la synthèse. Deux en un

Z le retournement de la matière


Un autre décodage du sens des lettres de l'alphabet latin avec la langue des oiseaux:




A: Alpha - Premier- Commencement - Air - Feu - Compas - Montagne - Montagne enneigée - H fermé en haut.


B: Femme enceinte - Lieu clos - Seins - Sein et ventre enceint - 1 et 3 assemblés - Foyer - Enceinte - Fertilité - ce qui engendre - la lettre beth signifie "Maison".


C: Connaissance - Lunaire - Polarisé


D: Le Delta a une forme de triangle, comme le feu → La Divinité Dieu. (Delta veut dire "Porte" en égyptien)


E: Énergie - Énergie triple - Trois feux - Eau - Trident - Ternaire relié par le transcendant


F: Force - Feu - Attraction - Coagulation - Père - Paternité


G: Cyclique - Retour - Recommencement - Aller à l'intérieur - Complet - Équerre et compas - Gravité